J+3

Restant sur ma faim car n’ayant pas toutes les réponses à mes questions, je me décide à retourner dans mon agence locale. Je réfléchis longuement avant d’y aller partagée entre l’idée de me faire à nouveau maltraitée et baladée, avoir enfin des infos fiables ou bien exulter sur l’incapacité de la maison à faire ce qui est noté sans ses documents (avec preuves à l’appui) et demander à voir un responsable, tout en faisant de grands moulinets avec mes bras.

Bref, d’un coup je me lève et pars à l’agence.

Prête à faire 20 mn de queue, je suis agréablement surprise, y’a personne… la personne de l’accueil arrive à son pupitre en même temps que je m’approche de celui-ci. Cette aimable dame me renseigne, en 2 secondes. J’ai une réponse à « j’ai initié une demande de bilan de compétence seule avec mon cfp : est ce que ça va pas « frotter » avec les propositions d’actions de Popol ? » et un « bon » conseil : « gardez vos heures pour vous payer une formation et profitez des actions de Popol (avec pyscho du travail, etc.)

L’autre question nécessite un expert indemnisation. Ha là je me dis que je vais commencer à galérer. Je vais devoir prendre un rv pour dans 10 jours… mais non elle prend son téléphone et appelle « Erwan »…qui peut me recevoir de suite. Là je suis estomaquée ! Je monte à l’étage et attends assise (je précise parce que jusque-là attendre « assis » n’était pas évident).

Un black attend, visiblement pas en forme. Courbé, la cinquantaine, il tousse et grimace. On pourrait se croire dans une salle d’attente de médecin, mais il est très bien sapé… J’en conclus que son rendez-vous doit être très important pour lui.

Erwan me reçoit, bonne humeur, sympa, ma question le « colle » un peu : il pense que oui mais il voudrait me le confirmer. Il chercher dans son ordi mais nada. Ha il va tenter dans une autre bas de données.

« Non, vraiment, y’a rien… mais je suis quasi certain que vous pouvez facturer, que ce n’est pas incompatible. »

Il prend mon nom et téléphone et me rappellera dans la journée. Je repars soulagée d’avoir été écoutée et traitée normalement et aussi de savoir comment poursuivre mon aventure « chômage . Finalement, un simple contact normal, cordial, humain prend ici un tour extraordinaire. On s’attend tellement à galérer, à être black-boulé, à recevoir des injections et des critiques, qu’une simple relation normale fait un bien incroyable. Ce sentiment est dérangeant, non ?

Bon, 8 jours plus tard j’attends toujours… rien, pas un coup de fil. D’ailleurs ce coup de fil ne viendra jamais.

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